parcours réel

Penny Farthing Bicycle T

mardi 30 août 2016

Estonie

Pärnu nous plait dès qu'on y arrive. D'abord parce qu'on y retrouve le soleil qu'on avait perdu depuis bien longtemps. Ensuite parce qu'on passe la nuit dans un jardin aménagé en camping où quelques tentes à peine pourraient entrer. Enfin parce que les maisons colorées sont adorables et leurs grands jardins si bien entretenus aussi. D'ailleurs, les boutiques, les restaurants, les bureaux, semblent tous installés dans ce genre de maison et on s'y sent comme chez soi.
On s'y sent si bien que Miha décide d'y crever !

samedi 20 août 2016

Lettonie

Nous pédalons souvent la tête en l'air, les yeux rivés sur les nuages qui se déplacent plus vite que nous en espérant deviner lequel nous tombera dessus. Un ciel bleu peut s'obscurcir en quelques minutes sans que l'on sache d'où viennent les nuages. L'inverse est plus rare ! Mais on subit patiemment les averses quotidiennes sans que la motivation ne faiblisse d'un poil ! On supporte la fraicheur des températures avec le même fatalisme, contrairement aux Lettons eux-mêmes, souvent dépités qu'il puisse faire moins de 15 degrés en août ! "L'automne est déjà là", disent-ils, alors qu'on ne perd pas espoir de voir encore quelques beaux rayons de soleil !
La Lettonie nous semble encore plus déserte que la Lituanie. Dans le premier village que nous traversons, nous nous demandons ce qu'il s'est passé pour qu'il soit si mort ! Après en avoir croisé plusieurs, nous en déduisons que les villages en général sont d'une tristesse à pleurer. On y voit peu de passants, aussi peu de voitures, aucun commerce. Seulement quelques maisons proprettes aux pelouses bien tondues le long d'une rue au calme assuré !
Sur les routes, nous découvrons avec le même étonnement que le goudron n'est pas la norme. Les grands axes, certes, sont asphaltés, mais les routes secondaires, y compris au sein des villages, sont, la plupart du temps, des pistes sablonneuses et bosselées qui nous l'impression de pédaler sur des planches à laver, comme dit si bien le guide du vélo letton ! Ce qui nous plait bien, c'est qu'on se croit parfois presque en Islande : des étendues désertes, des pistes, du froid, de la pluie... on s'y croirait !
Et puis nous arrivons à Ljepaja et c'est la révélation ! Le marché regorge de légumes, fruits, champignons, pâtisseries, et nous en achetons plus que de raison ! Les girolles et les myrtilles coutent 3€ le kilo, le poulet fumé est dépaysant, les yaourts au poids réjouissants ! Le tout accompagné de kvass, cette boisson à base de levure fermentée dont Miha s'abreuve quotidiennement. Et en plus, il fait beau ! Alors on traine un moment sur la plage à observer les championnats d'Europe de planche à voile. Pendant quelques heures, quelques heures seulement, on se sent en été... En quittant la ville, on s'arrête à la prison de Karista, vestiges des joyeusetés soviétiques dont on voit encore partout les traces. Ils proposent même de passer la nuit comme un prisonnier, réveillé et violenté par les mâtons, mais on fait l'impasse sur cette attraction touristique !

mercredi 10 août 2016

Lituanie

A l’arrivée à Vilnius, la Lufthansa nous rend nos vélos en état presque parfait. On peut donc gouter d'entrée à la pluie balte ! 

Pour se faire d’entrée une idée sur le pays, on goute directement aux cepelinai, une espèce de knödel gélatineux, et à la messe orthodoxe, austère et presque effrayante.Vilnius est vivante et animée, très agréable même si Miha trouve qu’on se croirait à Ljubljana et que ce n’est pas assez dépaysant. 


L’autoroute pour quitter la ville est beaucoup moins sympathique mais elle est incontournable alors on la supporte et on pédale jusqu’au château de Trakai, celui qui illustre la couverture des guides touristiques. L’endroit est mignon mais on ne s’y attarde pas. Les touristes, les glaces et les pédalos ne nous plaisent pas beaucoup. Un peu plus loin, on trouve un étang au bord duquel on peut planter notre tente. L’eau est tiède, le calme absolu, nous sommes déjà séduits par la Lituanie.


Comme le dit le guide sans ménagement, le centre du pays est de peu d’intérêt touristique et c’est vrai que les villes sont rares et ne nous semblent pas incontournables. La campagne, au contraire, nous plait bien plus. Des petites routes, souvent même des chemins, traversent des étendues champêtres rarement cultivées et jamais clôturées. Parfois, une vache enchainée broute tranquillement, accompagnée d’un couple de cigognes. Le soir, on voit les vieilles venir les traire avec leur sceau. On se croirait à une autre époque. 



dimanche 17 avril 2016

Retour à Trapani



Le soir, nous retrouvons la mer et nous endormons une fois de plus bercés par le bruit des vagues avec le réveil réglé sur 6h00. Nous avons potassé la carte, le guide et les horaires de bateau : demain matin nous embarquons pour les îles éloliennes et nous gravissons le Stromboli !
Arrivés sur le port, on nous informe que les bateaux, pourtant grands, ne prennent pas les vélos. Certains si mais les horaires sont confuses et les informations du site internet diffèrent des celles qu’on nous donne, elles-mêmes étant généralement différentes de ce qui se passe dans la réalité. On envisage de laisser les vélos sur la terre ferme mais on ne voit pas bien ce qu’on pourrait faire de nos bagages et les personnes auxquelles on s’adresse rivalisent d’antipathie et de mauvaise foi au point qu’on finit par renoncer à voir la lave du volcan et s’effondrer dans la mer au coucher du soleil… La déception est grande et on se dit qu’on devrait publier un guide des endroits favorables aux cyclistes à qui on décernerait des pédales de différentes couleurs ! Millazzo serait très bas dans notre classement…

On repart donc bredouille et pour rattraper le temps perdu, on prend le train jusqu’à Cefalu, jolie bourgade dévorée par le tourisme, puis on longe la côte jusqu’à Palerme. De la route, on ne voit pas la mer mais on sent bien le vent et surtout les gaz d’échappement des voitures qui nous doublent, l’expérience n’est pas exaltante…

    

mercredi 13 avril 2016

Au paradis du géologue



  Peu avant Licata, on traverse plusieurs villages qui semblent totalement abandonnés. Les façades sont décrépies, les volets claquent, des chiens errent au milieu des poubelles éventrées... On comprend au vu de certaines maisons et de l'état des routes qu'un tremblement de terre a dû ravager les lieux qui ont été désertés. Globalement, les villes et villages que nous traversons dans le sud de l'île sont sales et moches, souvent morts ou moribonds. Très loin en tout cas de l'image que nous avions des petites bourgades méditerranéennes baignées de soleil...


Licata, au moins, est vivante et animées. Mais la nuit tombe vite et on se dépêche de sortir de la ville pour trouver une plage au calme pour la nuit. Il fait déjà sombre et nous en sommes encore à explorer des coins sablonneux où trainent chiens et déchets quand un autochtone nous aborde. Au bout de quelques minutes à peine de pseudo discussion en italien nous propose de dormir dans son jardin et sa femme insiste que nous acceptions l’offre. En réalité, ce n’est pas simplement un coin d’herbe mais une maison toute entière dont nous pouvons profiter. Avec douche chaude et matelas à ressorts ! A cette occasion, nous découvrons que les siciliens évitent les hésitations sur le choix du simple ou double vitrage en optant pour l’absence de vitrage sur toutes les fenêtres de la maison ! D’ailleurs, malgré les volets fermés, le vent souffle à l’intérieur ! En effet, le sirocco s’est levé, ce vent certes chaud mais qui souffle par violentes bourrasques et qu’il nous faut affronter au matin.

On en bave dur pour arriver jusqu’à Gela où on décide de faire en train les 50 km qui nous séparent encore de Ragusa, épuisés par le vent. Avant de la quitter, on fait un tour dans la ville, une ville sale, agitée, bruyante, anarchique. L’application du code de la route semble optionnelle et c’est généralement la plus grosse voiture qui passe en premier. Inutile de dire qu’il n’est pas simple de circuler à vélo… La même anarchie règne sur les rails : le train que nous devons prendre est annoncé sur une voie mais part d’une autre sans que cela n'étonne personne d’autre que nous… 


mercredi 6 avril 2016

Benvenuto in Sicilia

   Les galèrent commencent dès l'aéroport de Francfort Hahn où on embarque pour Trapani. Forts de notre riche expérience en matière de transport aérien de vélos, on les emballe sereinement dans nos 75 mètres de film étirable devant le comptoir Ryanair. mais il semble que le personnel naviguant soit moins arrangeant que d'habitude et on nous impose le carton malgré nos négociations. On réussit à en dégotter un mais impossible d'y faire entrer mon vélo avec son guidon papillon et son porte-bagage avant. On relance donc les discussions pour aboutir à la conclusion qu'il faut seulement que les roues soient cachées. On ne comprend pas très bien à quoi rime cette règle absurde mais on bricole avec les moyens du bord et on arrive donc, nous et nos vélos, en terre sicilienne à la nuit tombée.

   La route jusqu'à Marsala traverse des marais salants parsemés de moulins à vent. C'est gentiment joli...

   Pour atteindre Selinonte, on décide de longer la mer au plus près, ce qui est certes charmant mais nous impose souvent de pousser les vélos ou de rouler sur le sable qui envahit routes, jardins, trottoirs...


Selon nos informations, il devrait y avoir un chemin qui suit la côte au plus près et nous éviterait 15 km de détour. Confiants, on se lance sur un sentier accidenté qui nous mène droit sur un portail fermement cadenassé. Comme il en faudrait plus pour nous démotiver, on saute la barrière et on se rend compte quelques coups de pédale plus loin qu'on est entré, sans le savoir et sans le vouloir, dans l'enceinte du site archéologique ! A cette heure, plus âme qui vive et on se félicite de cette belle initiative involontaire qui nous permet de visiter les lieux seuls et gratuitement ! On pose notre tente sur la plage et on s'endort malgré le bruit assourdissant des grillons qui rivalise avec celui des vagues...

dimanche 23 août 2015

Haggis, neeps and girolles !



Après le déluge qui nous avait fait céder aux sirènes du B&B, il fait presque beau, ce qui signifie en langue écossaise qu'il y a moins de 3 averses par jour et que les températures peuvent occasionnellement dépasser les 15°C ! L'été serait le plus pourri depuis 1906 en terme d'ensoleillement. Au moins, on n'est pas embêtés par les coups de soleil !

 

De Mallaig, on arrive sur l'île de Skye où on retrouve Marcus et Merit qu'on avait déjà croisés plusieurs fois. On longe la côte plus ou moins vallonnée avec le vent dans le dos pour arriver jusqu'à Portree où on pose notre tente dans le parc girolleux de la ville. La ville et son port sont touristiques mais charmants et on y expérimente les incontournables écossais : le pub, le fish & chips et le bagpipe band. Et même le tour en bateau pour observer la faune sauvage.





 Puisque les îles nous plaisent, on décide d'en explorer d'autres : les Hébrides extérieures. Contrairement au mauvais, le beau temps ne dure jamais et on se réfugie dans le café du port en attendant le ferry. Là, on partage notre table avec un couple de randonneurs israéliens qui nous recommandent chaudement de venir les voir à Jerusalem. Une future destination ? 
Le ferry nous dépose au soleil couchant sur North Uist et on y dort sur le terrain de foot de Lochmaddy avec nos comparses allemands qu'ont fait la traversée avec nous.