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Penny Farthing Bicycle T

lundi 24 juin 2013

La Pologne plus vite que mon ombre

  Passer sans transition de la Suède à la Pologne provoque un choc brutal du point de vue du pouvoir d'achat ! Un choc à peu près comparable à celui probablement ressenti par Frida lorsqu'elle a découvert l'état des routes ici ! J'en viens d'ailleurs à nourrir de profondes réflexions linguistiques en me disant qu'il serait intéressant de comparer d'une langue à l'autre jusqu'où va la définition du mot "route" et à partir d'où commence celle de "chemin" ! Certains passages ne relèvent d'ailleurs ni de l'un ni de l'autre, comme cette quinzaine de kilomètres pourtant balisés à lutter par plus de 30 degrés entre le sable et les fougères, poursuivie par une horde de moustiques et de tiques assoiffés de sang ! Dans ces moments là, on se dit que l'idiot qui a décrété que c'était une piste cyclable n'avait sûrement jamais vu un vélo... Et puis on oublie et on continue sa route...
  Pour affronter sereinement ces chemins routiers, on commence par trainer une journée à Kołobrzeg, le temps d'équiper Frida d'un nouveau roulement de pédalier pendant que je digère sur la plage la spécialité culinaire de Rafał : les spaghettis... aux fraises chantilly ! Une création intéressante mais pas nécessairement à exporter !

  La route qui mène vers l'Allemagne longe ensuite de plus ou moins près la côte et ses larges plages de sable blanc. Pendant plus de 100 kilomètres, une succession de campings à mobil homes, d'hôtels luxueux, de boutiques de bouées gonflables ou de glaces. Certes, les forêts de pins et les plages sont très belles mais le paysage est rongé par le tourisme.

  Heureusement, lorsque le soleil se couche, le sable reste chaud mais les plages se vident et on peut s'y baigner tranquillement en admirant sans se lasser le ciel qui devient orangé... On peut même profiter en même temps de l'ambiance survoltée du karaoké version polonaise le jour de la fête de la musique !
  Au camping de Swinoujscie, tout proche de la frontière allemande, un beau vélo couché stationne. Un cycliste solitaire me dis-je, l'occasion est trop belle, allons donc faire connaissance ! Le beau vélo couché appartient à Mathieu, voyageur d'une année qui pédale vers où le vent le pousse... Nous n'avons pas parlé français ni l'un ni l'autre depuis bien longtemps, il faut se rattraper ! Alors on discute, toute la soirée et presque toute la nuit, et presque toute la journée suivante jusqu'à en arriver à la conclusion qu'on pourrait pédaler quelques jours ensemble, ce qui nous permettrait d'avancer en discutant ! Incroyable tout ce que deux voyageurs peuvent trouver à se dire ! Au milieu de la discussion, un lueur dans ses yeux : n'étais-je pas dans un train entre Dôle et Besançon au printemps de l'année dernière ? J'y étais, en effet, avec mon vélo chargé, et il y était aussi, avec un vélo vide mais équipé. Nous nous étions à peine parlé mais on se souvenait très bien du regard de connivence échangé entre deux cyclotouristes qui se reconnaissent ! Des filles qui voyagent seules, il n'y en a pas beaucoup et il m'avait reconnue, que le monde est petit ! 
  Des français qui pédalent seuls en Pologne, il n'y en a pas beaucoup non plus, profitons-en pour faire un bout de route ensemble...  
 

6 commentaires:

  1. Salut Jeanne!!

    je découvre seulement ton blog, c'est super chouette ton aventure!! Je viens de faire une offrande aux dieux de la mécanique cycle, afin qu'ils veillent sur ta monture.....
    tu me diras si ça marche...
    bises de Nico , l'Heureux Cycleur...

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    1. Cher heureux cycleur,
      J'ai pensé à toi aujourd'hui même, quand il a fallu retendre laborieusement le câble des mes vitesses ! La guidoline de mon guidon tient toujours le coup et je raconte à qui veut l'entendre la technique du vélo arrêté avec la roue ouverte ! On m'a échangé ce bon tuyau contre celui du frein à main : un morceau de chambre à air enfilé sur le guidon qui permet de tenir le frein serré à l'arrêt. Bonne idée, n'est-ce pas ?! La monture se porte fort bien, et elle est même depuis peu équipée d'un ravissant rétroviseur ! Peut-être envoyé par les dieux de l'équipement cycle...!

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  2. Ah bravo ! Là je dis bravo au changement d'itinéraire, c'est formidable ! Qui sait, la suite de ton parcours réservera peut-être d'autres surprises !

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    1. J'hésite entre l'Ouzbékistan et l'Iran pour la suite, t'aurais un conseil ?!

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  3. Oh, c'est trop mignon ce petit "et leurs yeux se rencontrèrent" vélocycliste! Quel heureux hasard, en effet!
    Avec mon éternelle admiration,
    O.

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    1. Je pense que Frédéric avait la tignasse moins hirsute que Mathieu et Mme Arnoux le mollet moins robuste que moi mais il y a de ça en effet...!

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